Dates
- Du 18 au 21 avril 2012 - CCN Le Pavillon Noir, Aix en Provences (13)
- Les 6 et 7 décembre 2011 - Le Carreau, Forbach (57)
- Le 30 septembre 2011 - Châteauvallon, Ollioules (83)
- Les 13 et 14 mai 2011 - The Tramway, Glasgow (Scotland)
- 12, 13 avril 2011 - CNDC d’Angers
- 7, 8 avril 2011 - Scènes de Pays dans les Mauges, à Beaupreau (49)
- Les 14, 15, 16 janvier 2011 - Suresnes Cités Danse - Théâtre Jean Vilar (92)
- Du 29 Novembre au 10 décembre 2010, tournée en Russie : St Petersbourg, Ekaterinbourg
- 25 Novembre 2010 - L’Amphithéâtre, Saint-Junien (87)
- 16 Novembre 2010 - Théâtre en Dracénie, Draguignan (83)
- 8, 9, 10 Novembre 2010 - SN «le Grand R», la Roche sur Yon (85)
- 5 Novembre 2010- Les Colonnes, St Médard en Jalles (33)
- Les 28 et 29 septembre 2010 - Espace Albert Camus de Bron (69)
- Les 23, 24 et 25 septembre 2010 - Biennale de la danse de Lyon (69) dans le cadre du Focus Danse au Théâtre de la Croix Rousse
France Danse Russie
Dans le domaine chorégraphique, CULTURESFRANCE accompagne la diffusion des compagnies françaises dans des tournées régionales et assure leur présence dans les festivals et les lieux de renommée internationale.
http://www.culturesfrance.com/evenement/France-Danse-Russie/evpg1045.html
Biennale de la danse de Lyon 2010
Première représentation NA GRANI
Théâtre de la croix rousse , 23, 24 et 25 Septembre 2010
Espace albert Camus à Bron , 28 et 29 Septembre 2010
Diffusion France et étranger 2011 & 2012
L’année 2011 commencera par Suresnes cité danse 14,15 et 16 Janvier.
http://www.suresnescitesdanse.com/?page=spectacle&page2=suresnes&id=170
Na Grani vidéo
Réalisation : Luc Riolon
Filmé à la biennale de la danse de Lyon (fin 2010).
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http://liveweb.arte.tv/fr/video/Na_grani__par_la_compagnie_S_poart_a_la_Biennale_de_la_Danse/
http://www.mezzo.tv/content/compagnie-spoart-mickaël-le-mer-na-grani-biénnale-de-la-danse-de-lyon-8
Direction artistique et chorégraphie
Mickaël LE MER
Distribution
Chorégraphe assistant
Thibo TRILLES
Regard extérieur
Sophie POUPIN
Danseurs interprètes
5 danseurs russes
Artem ORLOV, Alexender FROLOV , Alexey ANTROPOV, Ekaterina SIPATOVA, Anna SHCHEKLEINA
5 danseurs français
Thomas BADREAU, David NORMAND, Thibo TRILLES, Dara YOU, Mélissa CIRILLO
Lumières
Nicolas TALLEC
Plateau
Michaël LE ROUX
Musique
Julien CAMARENA
Photographie
Soizic CISTAC et la Cie S’Poart
Scénographie
Conception Guillaume COUSIN,
Réalisation Scop Hecho Mano & la SN Le Grand R
Costumes
Amandine FONSIN
Production
Compagnie S’poart
Producteur délégué
Cie S’poart
Co-production
- Biennale de la Danse de Lyon
- Scène Nationale «le Grand R», La Roche Sur Yon
- Initiatives d’Artistes en Danses Urbaines / Parc de la Villette
Soutiens
- CNDC d’Angers (accueil en résidence)
- Scènes de Pays dans les Mauges, Beaupreau (accueil en résidence)
- Cultures France
- L’Alliance Française à Ekaterinbourg (Russie)
- Le Ministère de la Culture / DRAC Pays de la Loire (aide à la création)
- Le Conseil Régional des Pays de la Loire
- La Ville de la Roche Sur Yon.
Exister là, ensemble
Au pied de l’Oural, Ekaterinbourg, cernée par une immense forêt, été comme hiver. Partout, des grues, des chantiers et des gratte-ciels inachevés quadrillent le ciel. On y construit de tout, des appartements, des hôtels, des cinémas, des galeries commerciales. Au coeur de cette ancienne cité militaro-industrielle, traversée par le Transsibérien — ultime station de la célèbre voie ferrée avant les grandes plaines sibériennes — traversée aussi par une rivière, on imagine déjà des usines à automobiles, de nouveaux quartiers aux architectures colorées, des tramways, des tunnels et des viaducs. Ils se sont tous rencontrés là, ceux et celles qui vivent à quelques kilomètres de la frontière entre le continent européen et le continent asiatique, comme ceux et celles qui ont passé la frontière qui sépare la France de la Russie. Derrière eux, la nuit ; devant, le jour.
À quel endroit se sont-ils donné rendez-vous? Au pied d’un de ces immeubles inquiétants, qui ressemblent à des monstres de béton et de fer, et autour desquels s’engouffre un vent glacial qui cisaille autant les visages que les corps ? Là, au milieu d’une foule où chacun est anonyme et avance à grand pas vers on ne sait où, mutique, aussi assoiffé de vitesse que de vie, comme quelqu’un qui tente de sortir d’un labyrinthe oppressant ou de dompter un Goliath urbain ? Parfois au bord du découragement, se laissant glisser le long d’une paroi, parfois déterminés, mus par on ne sait quoi. Ils vont là où il n’y a personne, en haut d’un mur. Est-ce pour mieux le déconstruire, pierre après pierre, comme celui de Berlin? Est-ce pour se retrouver seuls avec eux-mêmes, comme au sommet de la Grande Muraille de Chine, et regarder loin? Ou pour faire le mur et échapper à un destin qui n’est pas le leur?
Ça martèle, comme à l’intérieur d’une grande halle de forgeage, ça s’électrifie, ça crisse, ça se métallise, ça s’industrialise. Des silhouettes sombres traversent le plateau à peine éclairé par une rangée de néons, regardant droit devant eux, indifférents aux autres silhouettes qu’ils croisent, apparaissant entre ombres et lumière, disparaissant, dissimulées par des panneaux verticaux, grillagés ou semi-opaques — peut-être des caissons de toiture ou des caisses de transport d’oeuvres d’art — dont le sommet est biseauté. Ça martèle en boucle, encore et encore. Sur les visages de ces jeunes hommes et de ces jeunes femmes, dans leurs yeux, quelque chose que nul ne peut saisir. Ils s’emparent des panneaux, les déplacent, les ré-agencent, agrandissent l’espace, et repoussent les limites qu’ils n’avaient pas choisies ou qu’ils avaient peut-être eux-mêmes créées à leur insu. Les corps s’échauffent. Comme si prendre le temps de rencontrer l’autre était devenu le seul défi qui vaille la peine d’être vécu en pleine lumière. D’où viennent-ils ? Cela n’a plus d’importance. Ils se regardent, font un pas vers l’un ou l’autre, cherchant autant leurs points communs que leur place, pour mieux construire un « entre-lieu » où ils pourront être ensemble, se parler et se mouvoir à l’unisson.
Avec Na Grani, Mickaël Le Mer crée un nouveau vocabulaire chorégraphique, loin des clichés du hip-hop, loin des cartes postales touristiques et sans marcher sur les pas de Karine Saporta, au moment où elle créa Belle, au bois dormant en collaboration avec le Ballet Municipal d’Ekaterinbourg à l’aube de l’an 2000. Comme on dessine les lettres d’un abécédaire commun, jusque-là inconnu, sur une page blanche que l’on signe de son nom, juste pour se sentir exister. Y fusionnent en creuset les traces des premiers graffiti urbains — les tags — apparus dans les années 70 sur les rames du métro new-yorkais et celles de l’alphabet cyrillique russe d’aujourd’hui, les figures laissés en héritage par la breakdance et le souffle vital apporté par la danse contemporaine au tournant des années 80. Un creuset pour une tribu soudée, résistant ici, nomade, respirant là où les frontières deviennent mouvements, architectures et ouverture à l’autre, si différent, si semblable. En marche vers demain, quelles que soient les frontières à traverser.
Cécile Faver

